Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 16:44

 

AMOUR

 Dire à quelqu'un "je t'aime"

c'est lui dire "tu ne mourras jamais".

  Gabriel Marcel

Par MEYER
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 16:23

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Par MEYER
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Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 09:18

  cloitre

 

En 1965, un gosse  a quitté ses parents, frères et soeurs, sa maison, ses chats, sa chambre, son univers, tout ce qui construit l'équilibre affectif primordial de l'enfance. Il avait dix ans. IL AVAIT DIX ANS. Une espèce de sourire mal fagoté aux lèvres,une fierté trop ostensible et  le coeur en charpie. A vif. Saignant comme un magret. Sans les tranches de pêches dorées. Sans la douceur d'une coulée de miel. Il avait dix ans. Il avait décidé de devenir "prêtre". Blouse grise numéro 165. De gras curés recruteurs avaient habilement manipulé longuement et patiemment son âme sensible et sa belle naïveté de gosse. On lui avait dit que la souffrance était beauté et offrande. Joie et éternité. Que le paradis était à ce prix. Paradis, Purgatoire, Enfer. la trilogie infernale. La menace, l'argument de frappe du curé recruteur. Qu'il fallait offrir, aimer, prier et faire des sacrifices. Donner humblement.  Et tendre l'autre joue aussi. Alors il souffrait et offrait ses privations d'enfant "rapté" pour la rédemption du monde... Il avait dix ans. Blouse grise numéro 165. Inoubliable matricule. Comme ce cloître lugubre, ces dizaines de chapelet égrénées, ces vies de saints assénés en lecture pendant le repas. Il avait tout cru. Tout supporté. Tout avalé. Le réveil à la cloche de cinq heures trente, se mettre à genoux immédiatement au pied du lit pour remercier le Seigneur de la beauté de la journée à venir,  la toilette à l'eau gelée, cirage des chaussures, les draps au carré, la messe quotidienne les yeux plein de sommeil, les études matinales et tardives, le réfectoire aux mornes repas,  la réserve de "pain frais à rassir" pour éviter d'en manger trop, ce dortoir immense, sordide et glacial, la torche violente des surveillants nocturnes, le retour aux vacances dans la famille, ces terribles dimanches soirs noirs avec le coeur et les boyaux en perdition, avec un déchirement indicible et violent, les tableaux d'honneur sésame indispensable au retour dans la famille et ce lit où toute les nuits il s'inventait des petits bonheurs simples d'enfants... Tout avalé. Même pire. Un jour il racontera, bientôt il racontera. Tout et sans omission. Pour se libérer enfin. Le "grand confessionnal" de son enfance, sans le voyeur en noir dedans et sa sacro-sainte moralité. Le grand déballage...

 

Tout avalé.

 

Et puis enfin tout vômi.

 

Un vol entier de corbeaux. Avec des plumes bien noires.

 

Presque tout. Car il a digéré bien plus tard des choses essentielles à sa vie. Le goût et le respect de l'autre, la solidarité, l'amitié, la tolérance et le goût du peu.

Et surtout celui des mots. C'est là-bas qu'il a malhabilement couché ses premières histoires, raconté aux copains des histoires insensées, inventées. Lu Pagnol et Frison-Roche. Découvert aussi le rugby de campagne et ses valeurs de bâtisseurs d'hommes, conquérantes et libres. Les coups, les feintes, les ruses, les parades habiles. Et surtout devenir "dur" au mal et "doux" aux autres.

Voilà, devenir simplement doux aux autres.

 

Ce gosse a fait son chemin de vie. Bien éloigné de toute vie et pratique religieuse. Aucune espérance dans la théologie, ses dogmes et ses principes inébranlables.  Il a offert à ses enfants la liberté morale et précieuse de n'avoir aucune contrainte doctrinaire et une liberté de penser intacte, vierge, avec toutes les cases à remplir, à se construire eux-même, au cours des rencontres humaines, des expériences, des créations, des sentiers parfumés, des échecs, des peines, des reconstructions, des amours passionnés, des réussites, des doutes...

On ne devient pas disciple du dit "créateur" à l'âge de six mois sur un fond baptismal entouré d'une famille et des amis focalisés sur le banquet, les ripailles, les retrouvailles et les agapes à suivre.

 

prêtre-copie-1

 

Aujourd'hui, l'Eglise catholique de France, à l'approche de la journée mondiale des vocations, lance à l'initiative des évèques de France et du Service National des vocations, une vaste campagne de communication. De recrutement. Une grande première dans le mode de communication de l'Eglise catholique. Déclinaisons de trois thèmes et messages adaptées à trois cibles : les jeunes afin de les interpeller " au moment où ils s'interrogent sur leur avenir", les jeunes travailleurs et les plus de trente ans afin de "montrer que les prêtres sont bien dans leur peau, heureux, passionnés et qu'ils vivent leur engagement avec joie" dit le Père Eric Poinsot, directeur du Service National des Vocations. L'affiche ci-dessus, destinée aux jeunes affirme en anglais (oui, car en français ça aurait fait franchement ringard ) : "Jesus is my boss!" et de répondre "Why not?"... 

 

Même si elle me semble déplacée, douteusement raccoleuse et malhabilement conçue, je ne peux donc que me réjouir de cette campagne qui incite des "êtres responsables" en âge de décision à s'engager dans un sacerdoce difficile, inadapté en pleine crise des vocations avec des dirigeants aux propos parfois douteux avec une condamnation du port du préservatif "criminelle" et pour laquelle ils devront répondre devant leur Dieu père, fils et Saint Esprit de leur part de responsabilité dans les milliers de morts du sida à travers le monde .

 

Et d'enfin ne plus se jouer des âmes claires des enfants.

 

 

J'avais dix ans...   

 

Par MEYER
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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 14:35

 

banc.jpg

 

" S'asseoir en silence

ne sera jamais perdu :

un jour, vous récolterez

une moisson de paix."

 

Baba Hari Dass

Par MEYER
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 14:26

 

  avendre.jpg

La nuit avait été douce et claire. Juste les circonvolutions traînantes des dernières feuilles sèches s'offrant une dernière valse essouflée avec un trop timide vent d'autan. Le matin était radieux sur le hameau de Saint-Ferréol qui faisait chanter les gonds des fenêtres et volets gémissants les uns après les autres, comme autant de plaintes aux labeurs inévitables qui s'ensuivraient. Etirements matinaux, cafés fûmants, tartines beurrées, Tahïti douche moussant, cravates ajustées... nom de dieu... viens voir Simone, les Robert vendent leur maison. Un panneau rutilant  "A VENDRE", de l'agence "Brochet Frères" , avec en gros le numéro de téléphone confirmait sur la grille en face la perspicacité matinale. Merde alors...Je sors le chien. Le téléphone alors se mêla de ce qui à priori ne le concernait pas. Allo François?... quand même tu aurais pu nous prévenir et vous partez où?... Bé je pars au taff... où veux-tu que j'aille!... eh bé ta maison est en vente!... Sprint endiablé autant que divin jusqu'à la haie d'enceinte où un panneau rose fluo de l'agence immobilière "Le Saumon" clamait sans discrétion la vente du bien. Les voisins partirent alors en questionnements débridés sur la chaussée qui s'encombra rapidement d'autres vendeurs "contre leur gré" de leurs biens douloureusement et honnêtement acquis. Ainsi les agences immobilières s'étaient sournoisement emparées des bâtisses du plateau. Les agences "La Truite", "La Perche", "La Carpe", "Anguille", "Lebar", "Du Gardon"....  frétillaient sur les clôtures, haies, portails. Quand ils tentèrent d'appeler les numéros figurant sur les divers panneaux, les femmes des uns et des autres répondaient sans comprendre. Les esprits s'échauffèrent, les armes se fourbirent, les représailles s'organisèrent, des réunions de crise furent sur le champ programmées... Le plateau qui était déjà en feu et avait organisé sa rébellion pour lutter contre des envahisseurs lotisseurs sans aucune moralité, trouvait là une belle opportunité de raviver le vent de la révolte générale . On venait les narguer, les outrager sur ce qu'ils avaient de plus symbolique de leur pouvoir propriétaire : leurs clôtures! Le conciliabule tourna pourtant court, chacun devant aller gagner sa miche quotidienne. Mais la décision de retrouvailles motivées autour d'un verre de vin blanc doux du Gers fut à l'unanimité validée. Et puis, au moment de se serrer la pogne revendicatrice et solidaire, ils eurent tous "l'eureka" instantané en voyant passer en vrombissant gaiement sur la route du haut, une 2cv canari bien trop pimpante pour être honnête!    

 

INFIRMIER 

Quelques semaines après, je courrais le bitume de la capitale. 42,195 km de visite bucolique en compagnie de milliers d'azimutés en short qui voulaient tous courir plus vite que moi et qui y arrivaient fort bien! Les marathoniens savent bien les effets de ce "stupéfiant" pédestre, cet état de béatitude céleste, de plénitude intérieure, de zen attitude ressenties après être allé au bout de soi et de ses souffrances inutiles et donc belles et qui nous conduisent parfois aux sources de l'âme! ... et aux terribles contractures du corps! Et c'est dans cet état divinement nébuleux et opaque que j'arrivais le soir même en gare d'Agen. Le TGV n'avait pas encore arrêté complètement sa machine infernale que sur le quai en douteuse effervescence s'agitait un service d'urgence, une vingtaine d'affolés, personnel hospitalier en blanc, avec sifflets, crécelles, girophare criard, brancard, goutte à goutte...

Je n'avais pas posé le pied gauche sur le marche-pied qu'on me prit mon sac, que deux infirmiers musclés m'allongèrent sur le brancard, que quatre autres commençèrent de vigoureux massages, quand deux autres s'activaient à me brancher une perfusion...de Tarriquet frais, qu'un médecin maladroit me prenait la tension, qu'un grand au visage sadique secouait un thermomètre, qu'un autre me faisait le test des réflexes avec son marteau en caoutchouc et qu'un affreux aide-soignant barbu tentait un bouche à bouche contre lequel je luttais, lui préférant la belle infirmière bouclée qui me paraissait bien plus agréablement experte... le tout sous le regard médusé des voyageurs agglutinés, faces écrasées, contre les vitres pleines de buée d'étonnement. Je fus transporté dans ma pauvre 2cv qu'ils avaient maquillé et transformé en pitoyable char de carnaval avec guirlande de casseroles à l'arrière jusque sur les hauteurs de Pé de Mul où quelques savoureuses agapes avaient été délicatement organisées...

 

Je m'attendais bien évidemment à quelques représailles inévitables à ma virée nocture de poseur de "panneaux poissons"... je fus ferré et pêché par bien plus malins. Roulé dans la farine, j'évitais de justesse la poêle et la rondelle de citron!

 

Par MEYER
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VUILLEMIN Sophie :
http://sophievuillemin.over-blog.com

Ils ont dit...

A PROPOS

DE "QUEUES de POISSONS" :

 

« Lire Jean-Pierre Meyer est un régal. Peut-être faut-il chercher dans son œil de peintre, de graphiste, cette écriture si visuelle. Pas de descriptions minutieuses et ennuyeuses, non, une écriture coup de plume, de dessinateur, de caricaturiste presque. Et un goût des mots qui donne l’eau à la bouche… « les regards sont picadors », les gardiens de pensionnats « désinfectent les rêves ». Chez lui les jeunes filles « tendent des sourires », la légion d’honneur est « la reconnaissance des reconnus », les ronflements « ferroviaires homologués » et les gros seins « tirent du nez ».

 

Un régal. Des formules qui amusent mais qui ne cachent jamais le fond. Et c’est un fond de tendresse, de sensibilité, de nostalgie douce amère. Aussi, lorsque l‘histoire est bonne… »

  

Dominique Lauzeral

La Dépêche du Midi/Le Petit Bleu

 

 

 

A PROPOS

DE "LA PLUME DE L'ANGE" :

 

 

« De l’humour tendre, une observation chaleureuse, une belle écriture qui met le son et image sur les descriptions, parfois même les odeurs car Jean-Pierre aime bien manger, et il n’en fait pas un secret. J’ai donc acheté « La Plume de l‘Ange ».

 

Et je suis tombée amoureuse d’Enzo, un amoureux improbable mais si vivant, si généreux et vrai qu’on n’a qu’un Enzo pour toute une vie, et que ça suffit pour se dire qu’on a été aimée. Je ne me suis pas identifiée avec Babou, trop jeune, imprudente, audacieuse et curieuse pour que ce soit possible, mais je courais derrière elle avec une grande envie de hurler casse-cou, tout en décidant qu’elle avait l’air de savoir ce qu’elle faisait, après tout. Et puis, Babou bondit dans les montagnes comme un cabri, et moi j’ai un vertige qui fait supposer que tous mes gènes ont toujours vécu sur le sol plat. Je n’ai aucune intention de forcer ma ligne génétique à s’élever ailleurs que sur des chemins bien balisés et pas trop caillouteux. Avec un joli garde-fou et des points de vue avec un ou deux bancs pour souffler un peu.

 

La mère de Babou est charmante et terre à terre, d’un de ces terre-à-terre qui appelle un chat un chat et balance les conventions aux ordures si elles gênent au bon sens. Une dame qui a un bon sens aigu et de la joie à revendre, qui connaît sa fille, et crie casse-cou de concert avec moi.

C’est un roman qui, contrairement à ce que semble annoncer son début avec ce style comédie bien enlevé, s’oriente vite vers quelque chose de bien plus profond et émouvant. L’amour tout simplement, pourrait-on dire. En savourant la noblesse qui rayonne dans ce "tout simplement". J’ai beaucoup aimé et l’ai lu d’une traite »

 

Edmée De Xhavée - Ecrivain-

New Jersey

   

 

 

 

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