
"Un étranger est un ami
que je ne connais pas encore"
CATHERINE DE HUECK

"Un étranger est un ami
que je ne connais pas encore"
CATHERINE DE HUECK

Montmartre avalait goulûment nos vingt ans, notre joyeuse insouciance et notre soif de liberté. Toutes nos folles révoltes aussi. Ce tertre ennivrant était devenu le refuge de toutes nos facéties
artistiques, amoureuses, paillardes et politiques. Etudiant à l'Ecole Supérieure des Arts Modernes, j'habitais alors la rue des Martyrs qui monte vers la place du Tertre et son étalage coloré de
peintres gouailleurs à touristes. Un immeuble bourgeois, superbe et cossu. Une immense et lourde porte cochère. Une cour dallée et fleurie. Un superbe escalier joliment tourné qui
desservait tous ces appartements feutrés. Des gens "bien comme il faut" à tous les étages. Moi, c'était l'escalier de service. Et tout là-haut, sous les toits de zinc, les "chambres de bonnes".
Un couloir pavé de tomettes de terre cuite. Certaines disjointes que l'on se plaisait à faire chanter sous nos pas. Au bout des wc à la turque d'un autre temps, commun aux huit chambres. La
mienne, comme les autres, était minuscule. Pour "bonnes" anorexiques.Un lavabo dans un coin, une table, un lit, trois étagères branlantes. Et surtout une fenêtre qui donne sur le gris, sur
une forêt d'antennes grises, sur le zinc des toits gris aussi, avec quelques pigeons idem. Même les gens qui s'aventuraient parfois aux fenêtres paraissaient gris. Un gris taciturne et résigné.
Un peu morts-vivants. Une fenêtre où on attends impatiemment le bleu. Où on voit même pas les étoiles. Il y a là, sous ce toit, un turc sombre et invisible, un guitariste virtuose, une
grosse femme noire hors d'âge et inquiétante, un vieux monsieur bougonnant et chauve, un locataire inconnu dont on n'entends que le bruit de la clé dans sa serrure et dont la porte ne s'ouvre
jamais, une "dame-pipi" des toilettes publiques de la place Clichy, un étudiant en Génie Civil, insipide et coléreux. Et moi. C'est pas Zola mais presque.
Le vieux monsieur bougon est celui que je croise le plus souvent. Pas bonjour, pas bonsoir, pas merci quand on lui tient la porte, pas un sourire, pas un geste de rien, pas un regard non plus.
Des mots inaudibles et ronchons qui font un peu bouger sa bouche tirée vers la droite et de travers. Du bougon premier choix ! J'appris qu'il s'appelait Monsieur Jean. Un peu par hasard, dans une
brasserie du boulevard Haussman, où je prenais un verre avec des amis. Un verre ou deux. Il était assis sur la banquette de skaï rouge, tout au fond. Devant, sa tasse et son journal. Et ses yeux
qui allaient d'un serveur à l'autre, d'un client à l'autre, qui fouinaient sur tout ce qui bougeait. Comme s'il eut été le patron de l'établissement, contrôlant les moindres faits et gestes,
allers et venues. Je croisais son regard et lui fit un petit signe amical. Il baissa les yeux. Normal. Le bougon reste bougon en toutes circonstances. J'entendis que le serveur l'appella
"Monsieur Jean". Voilà tout.
Chaque fois que je passais devant cette brasserie, je jetais un oeil. Je le ramassais après. Forcément. Surtout que je n'y vois que d'un. A chaque fois il était là. Même place, même regard.
Simplement sur la table, en fonction de l'heure, sa consommation changeait : on passait de la tasse de café, au petit blanc puis au ballon de rouge pour revenir au petit noir.

Ce soir là, une fête s'improvisait, se dessinait dans ma chambrette doux minou minou doux minou minette! Quelques amis entassés çà et là et je ne sais trop comment ,dans mon
spacieux quinze mètres carrés, avaient du mal à partir. Je n'avais pas envie de les quitter non plus. Comme souvent, c'est dans l'instant que se prennent les sages décisions. Les rires
naissaient, les bons mots aussi, quelques verres trinquaient, des chants montaient, des guitares s'accordaient, le ton était donné... plus rien ni personne ne nous arrêteraient!
Par correction, alors que commençaient sans aucune discrétion les agapes nocturnes, je m'enquit, le coeur léger et l'âme joyeuse, dans un souci de respect de bon voisinage, de frapper aux
portes des "bonnes" pour prévenir de l'imminence du cataclysme festif. Deux portes s'ouvrirent. Celle de Monsieur Jean d'abord qu'il me claqua au nez, prestement et sans ambages. Celle de la
grosse dame noire ensuite qui me gratifia de noms d'oiseaux pleins d'exotisme avant d'en faire de même. Que la fête soit belle, pensais-je!
Et elle le fût.

A deux heures du matin, on frappa à la porte. Dans le brouhaha général, personne n'entendit .Ce n''est que quand le visiteur nocturne balança des grands coups de pieds de mamouth en rût dans
ma pauvre porte que les ardeurs se firent tout d'un coup piano-piano. Regards intérrogatifs autant qu'avinés. Peu rassuré j'ouvris.
Bougon se tenait là, bien centré dans l'embrasure, les mains derrière le dos, le sourire bien caché. Je m'attendais au pire et envisageait un rapide repli avant le bombardement. J'imaginais
la matraque derrière son dos et attendait la douloureuse sentence. Pour la première fois, je le vis se préparer à parler en me regardant droit dans les yeux. Gris. Normal, ses yeux étaient
gris.
- Vous m'empêchez de dormir!
- Veuillez-nous excuser...une petite fête entre amis... c'est ce que j'étais venu vous dire tout à l'heure...
- Vous m'empêchez de dormir!
Je pensais que l'on n'était pas sorti le "cul de l'ornière" quand il enleva les mains de derrière son dos. Je fis instinctivement un
geste de protection en me reculant.
- Vous m'empêchez vraiment de dormir...alors je viens participer! lâcha-t-il dans un sourire insoupçonné et me tendant une bouteille de Clairette de Die et un paquet de biscuit Petit
Beurre.
Monsieur Jean fut accueilli en seigneur par la compagnie et mêla la sagesse de ses bientôt quatre-vingt printemps à la fougue de nos vingt ans. Il me raconta dans un début d'ivresse que la grosse
dame noire avait assasiné son mari alcoolique, était devenue folle et se promenait dans le couloir la nuit avec un couteau de cuisine affûté tout le jour avec énergie destructrice. Que le
guitariste était homosexuel, donnait des cours au Conservatoire et écoutait souvent à ma porte quand je chantais du Brel. Que le turc travaillait au noir dans une échoppe du Sentier et crâchait
toujours par terre. Que la "dame -pipi" faisait aussi le tapin rue Blanche et que je devais m'en méfier. Que....
Je cessais de l'entendre, voulus lui servir un nouveau verre. Il s'était endormi.

Toute sa vie, il avait été serveur; Dans des bars, des tripots peu fréquentables, des établissements de luxe, des hôtels de passe, des quatre étoiles cotés, des cafés enfumés, des cabarets.
Des anecdotes croustillantes plein la tête. Puis vingt ans dans cette brasserie de la rue Haussman. Toute sa vie. Et il y revenait chaque jour, par le même chemin qu'autrefois, il s'installait à
la même table, la même heure. Accrochait le même imperméable gris à la même patère. Et il regardait la vie des autres en spectacle continu pour éviter de voir la sienne qui s'échappait. Ni
femme, ni enfants. Un lointain cousin en Auvergne. Il avait héroïquement tiré sa solitude jusque là. Jusqu'à cette chambre de bonne de quinze mètres carrés sous les toits de Paris.
Le jour de ses quatre-vingts ans, à huit heures du soir, je venais à mon tour frapper à sa porte. Accompagné de madame Bamba, la grosse dame noire, de José le guitariste qui m'enseigna bien
des accords oubliés depuis, de Thérèse la "dame-pipi" pleine de fantaisie, de Pierre l'étudiant content de délaisser un peu ses révisions, de Christophe, mon ami décorateur qui occupait
la loge de concierge que nous avions transformée en atelier d'artistes improbables et aussi quelques amis qui avaient apprécié ses facéties et ses histoires d'un autre temps.
Dans les bras, quelques bouteilles, gâteaux, une bougie et le dernier 33 tours de Brel qui venait de sortir. Et de la tendre amitié.
Il pleura longuement. Il pleura tellement. On pleura aussi un peu.
Et la fête quitta sa chambre exigüe, pleine de trop de souvenirs mal entassés pour s'étendre dans le couloir où chacun sortit tables et chaises. On chanta et dansa. Les "bonnes" savent
aussi vivre. L'électrophone nous offrit les mélodies et mots justes du grand Jacques exilé aux Marquises. Monsieur Jean et Bamba parlèrent longuement. Ils dansèrent aussi doucement, les yeux
pétillants. Par la fenêtre, il me sembla qu'il faisait grand bleu et j'aperçus même des gerbes d'étoiles.

Le lendemain j'aperçus deux êtres gauches et mal assurés qui descendaient doucement la rue des Martyrs et s'en allaient vers le boulevard Haussman. Je crois me souvenir qu'ils se
prirent la main.
La vie a parfois une sacré belle gueule.
"Etonnez-vous de ce soleil
avant d'en réclamer un autre!"
CHARLES-ALBERT CINGRIA
On ne présente plus l'auteur de "Les Romanichels". Edmée De Xavhée vit dans le New Jersey (USA). Madame Edmée m'a fait l'honneur de lire mon dernier roman "La plume de
l'ange". Je ne le lui ai même pas envoyé l'ouvrage avec une belle dédicace complaisante et un colis de saveurs du Sud-Ouest pour qu'elle y trouve un peu d'intérêt et se sente quelques
obligations en retour. Non, elle l'a acheté! Avec ses propres deniers bien à elle. Ses petits sous de son petit porte-monnaie perso. A fermeture "éclair". Zip zip...je prends les pièces et je les
donne à la jolie libraire contente de se débarasser de cet invendu invendable. De l'argent honnête, sonnant et trébuchant. Sans aucune menace de ma part. Non, non, je vous assure! Elan
spontané... comme qui dirait... un achat intuitif... l'espérance folle d'une bonne découverte... l'imminence parfumée d'un éventuel coup de coeur.
Comme elle va se la "péter" maintenant Edmée aux "States" dans les salons littéraires... "Comment vous n'avez pas lu le dernier JP Meyer? Nooonnnnnn...?...ça n'est pas dieu
pôooooooooooossible!"
Je sais, j'ai l'imagination féconde et trop directement raccordée à mes chevilles enflées. Toutes les deux. Bon, laissez-moi au moins ma part de rêve. Et puis tous autant que vous êtes
là, avec vos sarcasmes accérés et moqueurs, est-ce que vous avez vendu un seul bouquin outre-atlantique? Ou même n'importe quoi, du fromage pur brebis de la vallée d'Aspe, des espadrilles de
Mauléon, de la saucisse de Morteau, des nougats de Montélimar... Et oui, ça calme!
Eh bien moi, OUI!
Le SEUL peut-être d'accord mais pas à n'importe qui.
Alors voilà ce qu'à écrit Madame Edmée dans la rubrique "Coups de coeurs". Même le fameux Webzine belge de Bob va reprendre ses propos dans son actualité culturelle. C'est vous
dire! J'en ai d'écarlates pâmoisons et la peau de gallinacée à gros grain. Voilà j'ai mes vapeurs :
"Ici, je viens d'avoir 4 jours de congé (oui, quatre, qu'on se le dise, je n'en reviens
toujours pas, mais j'avais "économisé" des jours sur ma grosse provende de 15 annuels... ) et j'ai enfin lu et savouré ce livre de Jean-Pierre Meyer.
Que dire? Je ne parlerai pas de ce que d'autres décriront mieux que moi s'ils le font, le style, les ressemblances ou originalités etc... J'ai adoré l'écriture, avec un vocabulaire bien riche
mais sans en faire trop, et aussi les personnages mis en scène, Marie si fantasque et subtile, qui connaît sa fille avec quelques années d'avance, Babou qui fonce parfois trop, impétueuse et
sincère, qui fait mal où elle passe (y-compris à elle-même), et Enzo dont je suis amoureuse jusqu'à mon dernier souffle mais qui aurait eu malgré tout du mal à me faire faire de l'escalade pour
toucher le ventre des anges car j'ai la trouille sur une chaise.
L'amour d'Enzo et Babou est ... un de ces amours qui n'a besoin que d'avoir été pour rester. Bien sûr, j'ai eu "mon Enzo", et j'ai donc plâné en plein accord avec cette magnifique
narration.
Un livre pas banal, un hymne à la liberté. J'en ai encore le froid de l'air de la montagne sur les joues ! Il y a un beau et court texte sur les ours aussi, dont j'ai savouré chaque
ligne.
Voilà, ce n'est pas une analyse qui vous permet de savoir si vous aussi, vous allez craquer... lisez le blog de Jean-Pierre, faites vous une idée de son style, et décidez ! ...Moi, comme on le
comprend, j'ai aimé!"
Merci Edmée. Merci d'avoir aimé. Merci de l'avoir dit. De cette manière. Simplement. Merci de m'encourager aussi à poursuivre. J'ai tellement pris de plaisir à l'écrire. Alors quand les
petits plaisirs peuvent se partager...simplement.
Si vous avez bon goût, que vous aimez la belle écriture et que vous achetez ses ouvrages vous comprendrez pourquoi son avis m'est précieux. Allez sur son blog (référencé ci-contre), lisez
quelques lignes, peu importe l'article...vous comprendrez sans doute aussi pourquoi ses mots me touchent.
Alors, si vous souhaitez être "en phase avec les states", avec ce qui se lit en ce moment dans le New Jersey (rires!!) ... les fêtes pointant joyeusement leurs
frimousses espiègles et colorées, offrez "La plume de l'ange" à tous ceux que vous aimez!.... non, non pas à moi, je l'ai déjà!
Vous pouvez commander sur le site de l'éditeur Chloé des Lys (voir ci-contre)
ou en me laissant un mail : jean-pierre.meyer47@wanadoo.fr
vous bénéficierez de 30% par rapport au prix libraire. C'est déjà Noël!
Et pour les boulimiques, rajoutez-y "Les Romanichels" de Madame De Xavhée... ça vaut, je vous l'assure, tous les foies gras truffés ou plutôt "son pesant de cacahuettes"
comme ils disent là-bas!
Et puis allez fouiner aussi sur les sites des auteurs "Chloé des Lys" référencés sur le côté ou encore sur le site de l'éditeur... vous n'êtes pas au bout de vos surprises... des talents
comme s'il en pleuvait!
Et puis, pour vos cadeaux livres pour enfants, allez donc déambuler avec curiosité sur le site de la copine Martine, des éditions Arphilvolis. Cette maison d'édition lot-et-garonnaise qui
grandit, blottie dans ce beau village de Prayssas, là-haut sur les côteaux ensoleillés entre Lot et Garonne, pleine de qualité et de talents neufs, vous accueille en toute simplicité mais
tellement de chaleur. Découvrez-là à l'aide du lien ci-contre (dans "A découvrir sans modération").
Bon, mes vapeurs me reprennent!
" Le silence, c'est quelque fois se taire,
mais le silence c'est toujours écouter
MADELEINE DELBRÊL
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et renvoyez-le accompagné du réglement par chèque libellé à l'ordre de l'auteur à :
Jean-Pierre Meyer
"Marcettou"
Saint-Ferréol
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BONNE LECTURE
et n'hésitez pas à commenter et donner vos impressions de lectures.
Vous trouverez ici d'autres amis auteurs qui publient chez "Chloé des Lys", cette petite maison d'édition
pleine d'enthousiasme qui grandit, qui grandit, qui grandit...
ADAM Chantal :
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BALTUS :
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BARAFFE :
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http://chine-ancienne.e-monsite.com
BOLAND Micheline :
http://homeusers.brutele.be/bolandecrits/
http://micheline-ecrit.blogspot.com/
BONTE Cathy :
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BOUTIQUE BOB :
http://www.bandbsa.be/contes.htm
BRUNET Christine :
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CALLES Alain
http://alaincalles.over-blog.com
COLSON Claude :
http://claude-colson.monsite.orange.fr
CYBELE Jules :
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DE PAOLI Jacques :
http://www.quenovel.be/
DESGUIN Carine Laure :
http://carinelauredesguin.over-blog.com
EDMEE DE XHAVEE :
http://edmee.de.xhavee.over-blog.com
GROENECKE Nadine :
http://nadinegroenecke-auteur.over-blog.com/
HOUDART Florient :
http://letempsdesalbatros.blogspot.com/
KOALAH :
http://koalah.e-monsite.com/
LEURQUIN Christophe :
http://poetefou.skynetblogs.be
MARTINE DILLIES:
http://users.skynet.be/TheDillies/
MELLONE Marie-France :
http://lesmotsdemariefrance.over-blog.com
http://www.mfmellone-fr.net
MH Céline :
http://c-mh.skynetblogs.be
MILIE KATE :
http://kate-milie.skynetblogs.be/
MILOU 74 :
http://louis-quenpensez-vous.blogspot.com/
NDANYUZWE :
http://www.monpapyrus.com
PELISSIER Franck :
http://www.franck.pelissier.free.fr/
RIVE Pierre :
http://www.pierre.rive.cowblog.fr
ROMAN Laurent :
http://www.laurentroman.com
http://laurentroman.skynetblogs.be
SANI Léo :
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VIGNE Jean :
http://jeanvigne.blog2b.net/
http://jean.vigne.free.fr/
http://jean.vigne.over-blog.com/
VUILLEMIN Sophie :
http://sophievuillemin.over-blog.com
A PROPOS
DE "QUEUES de POISSONS" :
« Lire Jean-Pierre Meyer est un régal. Peut-être faut-il chercher dans son œil de peintre, de graphiste, cette écriture si visuelle. Pas de descriptions minutieuses et ennuyeuses, non, une écriture coup de plume, de dessinateur, de caricaturiste presque. Et un goût des mots qui donne l’eau à la bouche… « les regards sont picadors », les gardiens de pensionnats « désinfectent les rêves ». Chez lui les jeunes filles « tendent des sourires », la légion d’honneur est « la reconnaissance des reconnus », les ronflements « ferroviaires homologués » et les gros seins « tirent du nez ».
Un régal. Des formules qui amusent mais qui ne cachent jamais le fond. Et c’est un fond de tendresse, de sensibilité, de nostalgie douce amère. Aussi, lorsque l‘histoire est bonne… »
Dominique Lauzeral
La Dépêche du Midi/Le Petit Bleu
A PROPOS
DE "LA PLUME DE L'ANGE" :
« De l’humour tendre, une observation chaleureuse, une belle écriture qui met le son et image sur les descriptions, parfois même les odeurs car Jean-Pierre aime bien manger, et il n’en fait pas un secret. J’ai donc acheté « La Plume de l‘Ange ».
Et je suis tombée amoureuse d’Enzo, un amoureux improbable mais si vivant, si généreux et vrai qu’on n’a qu’un Enzo pour toute une vie, et que ça suffit pour se dire qu’on a été aimée. Je ne me suis pas identifiée avec Babou, trop jeune, imprudente, audacieuse et curieuse pour que ce soit possible, mais je courais derrière elle avec une grande envie de hurler casse-cou, tout en décidant qu’elle avait l’air de savoir ce qu’elle faisait, après tout. Et puis, Babou bondit dans les montagnes comme un cabri, et moi j’ai un vertige qui fait supposer que tous mes gènes ont toujours vécu sur le sol plat. Je n’ai aucune intention de forcer ma ligne génétique à s’élever ailleurs que sur des chemins bien balisés et pas trop caillouteux. Avec un joli garde-fou et des points de vue avec un ou deux bancs pour souffler un peu.
La mère de Babou est charmante et terre à terre, d’un de ces terre-à-terre qui appelle un chat un chat et balance les conventions aux ordures si elles gênent au bon sens. Une dame qui a un bon sens aigu et de la joie à revendre, qui connaît sa fille, et crie casse-cou de concert avec moi.
C’est un roman qui, contrairement à ce que semble annoncer son début avec ce style comédie bien enlevé, s’oriente vite vers quelque chose de bien plus profond et émouvant. L’amour tout simplement, pourrait-on dire. En savourant la noblesse qui rayonne dans ce "tout simplement". J’ai beaucoup aimé et l’ai lu d’une traite »
Edmée De Xhavée - Ecrivain-
New Jersey