Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /2009 20:04


filledeb

J'avais d'abord étendu de grands draps blancs roulés et plissés. De la mousse du bois, des brindilles, des boules de houx, fait des sentes caillouteuses et mis du papier rocher recouvert de farine. La cabane de bois camouflée sous quelques branchages. J'y avais mis de la paille pour accueillir l'enfant et le boeuf et l'âne qui piaffaient. Impossible de mettre la main sur Marie et Joseph qui devaient être au fond du carton sous les boules, les brillants, les guirlandes, les anges, les étoiles dorées. Des moutons à paccager, des bergers colorés et vigilants, la gitane, le remouleur, l'aveugle, le maréchal ferrant, le ravi, la femme à la cruche... j'avais mis en scène ces santons qui semblaient vouloir discutailler. Ils en avaient le droit. Quelques jours par an. Quand je les sortais de leurs emballages.
Et ils savaient rattraper le temps perdu les bougres. 
Les enfants dormaient. La maison était paisible. Demain leurs yeux se feraient des histoires en parcourant les recoins de la crèche, les chemins, la mare faite avec le petit miroir bordé de verdure, les cachettes sous la mousse. Ils bougeraient les personnages, les amenant vers des aventures profanes assurément éloignées du contexte de la Nativité. Pour eux seuls...
Assis en tailleur, un peu en recul, je contemplais le paysage éphémère. Fier de moi. Ou pas loin. 
La voix d'enfant pourtant posée et douce me fit sursauter.
-C'est très beau, mais le lit est un peu petit! Je vais tout te mettre en pagaïlle. Bon je me ferais réduire!
Une enfant bouclée, en chemise de voile blanche se tenait plantée là, les mains sur les hanches. Comme une grande, sûre d'elle.

- Mais d'où sors-tu?
- Peu importe d'où je sors...
- Ben si... quand même!
- Ben non...voilà tout!
J'avais les yeux tellement écarquillés que je les imaginais rebondir par terre et s'en aller jouer avec les boules rouges et argentées alignées sur le plancher. Du bowling de Noël.
- Bon, fais pas cette tête là, je vais pas te manger, j'aime que les kinders surprises!
- Ah bon... c'est vrai que je suis pas forcément un cadeau! Et tu fais quoi chez moi?
- Chez toi ou ailleurs, je me promène et vais voir les crèches qu'ils m'ont bidouillées les bricolos de la Nativité... je suis en quelques sortes en mission et cette nuit, c'est chez toi!


Je commençais à joyeusement transpirer et à pincer ma joue jusqu'au sang.
- T'inquiète pas, je vais pas rester. je te l'ai dit, le lit est trop petit et puis alors tu m'as foutu de la paille partout. Ca gratte les fesses.  Tu t'y coucherais toi dans ce truc? Et puis, t'as vraiment mis trop de farine sur ta crèche, franchement t'aurais mieux fait de faire des tartes avec. C'est du gâchis. Bon je te mets un sept sur dix. C'est parce que t'as une bonne tête et parce que je t'ai foutu la trouille. Parce que ta crèche... c'est plutôt moyen moyen. Bon allez je vais voir les voisins. Bye!
- Eh attends un peu... T'es quand même pas le...
- Le quoi?
- Ben le... tu sais bien... si tu veux aller roupiller dans ma crèche... c'est peut-être que t'es le...
- Bon sois clair Alfred!... non je suis pas le... mais bon je travaille pour lui. Sauf que j'ai pas mis mes ailes blanches parce que je suis partie un peu vite, mais bon, normalement je les ai. Autre question?
- Et tu peux faire quelque chose pour moi ou faut que je demande encore au boss? Parce que lui, il écoute pas trop!
- Ca dépend du taff!
- Bon je te le dis à l'oreille...

La petite était superbe. Mignonne à croquer. Je lui levais sa grappe de boucles blondes pour atteindre l'oreille.
Je chuchotais. Du moins au début parce que l'idée m'excitait tellement que je finis par crier un peu.
- Non, mais t'es pas bien Alfred! Tu te rends compte de ce que tu me demandes?
- Ben c'est Noël, allez lâchez-vous un peu là-haut... c'est toujours pareil ici en bas...le père Noël, les rennes, le traîneau, la crèche, la bûche, les chocolats, l'indigestion, le cholestérol...
- Ah oueh mais alors là tu me demandes un sacré truc, faut que j'en réferre là-haut... t'imagine pas le bazar!
- N'en fais pas un plat non plus, c'est juste  comme ça. Si tu peux pas, tu peux pas! N'en parlons plus. je croyais que t'avais un peu de pouvoir, mais bon, c'est vrai que t'es encore petite! Bon oublies mes bêtises...
Le petit ange fut piqué au vif et je vis à ses pommettes qui prenaient de la rougeur, sa bouche tordue et ses yeux qui tiraient vers le bas que j'avais fait mouche!
- Bon tu veux quoi comme couleurs?
- Toutes, je les veux toutes, et des mélanges aussi, et des brillantes, et des scintillantes, et des...
- Oh là mon gaillard... j'ai jamais fait ça moi... sais même pas si ça va marcher!


ENFANTSOUFFLE


Elle ouvrit ses petites mains et découvrit une petite boîte brillante. Elle souffla dessus et la boîte s'ouvrit libérant des milliers de petits papillons magiques de toutes les couleurs qui n'en finissaient pas de sortir en dansant des ailes. Elle souffla vers la fenêtre qui s'ouvrit à son tour en aspirant dans la nuit étoilée les nuages multicolores. Elle riait comme une enfant espiègle et contente du bon coup qu'elle venait de réussir.

- Pétard de pétard...ça marche! T'as vu ça Alfred?
Oui, j'avais vu ça! Et je sus que demain serait formidable quand un petit papillon vert pomme vint se poser sur mon épaule et qu'aussitôt toute ma peau s'illumina en couleur de printemps!
Les papillons travaillèrent d'arrache-pied toute cette sainte nuit et au matin les hommes s'étaient levés la peau joyeusement teintée par les insectes coloristes du bon dieu. Passé l'instant de compréhensible panique, le monde s'en amusa. On trouva un pape tout rose comme un préservatif, un président caca d'oie prêt à être embarqué en charter pour l'Afganisthan, des boulangers jaunes, des peintres bleus, des soldats oranges, des banquiers violets, des communistes rouges, des politiques marrons, des noirs jaunes, des jaunes noirs, des peaux-rouges verts, des enfants multicolores partout qui jouaient à la ronde...

Mon angelot sautait partout avec moi! Content de lui.
Puis la tristesse nous gagna. On vit chacun se rapprocher des gens de la même couleur qu'eux, d'abord hésitants. Puis se rassembler  ouvertement en se mettant en files monochromes. Les rouges avec les rouges. Les bleus avec les bleus. Les roses avec les roses... et ainsi de suite. Chaque groupe semblait s'invectiver hostilement du doigt.
- Nom d'un chien, ça va pas recommencer! Ils n'ont encore rien compris!


Alors les files colorées se rapprochèrent doucement, se colèrent l'une à l'autre en riant, s'étirèrent harmonieusement, s'ondulèrent sans bousculade, s'arc-boutèrent joliment jusqu'à composer le plus magnifique des arcs-en ciels...



fotolia_2108087.jpg


Belle année pleine de couleurs et d'espérances.

Par MEYER
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 20:05



boules

Dans quelques jours, agapes et bombances réuniront les plus chanceux d'entre nous.
Parfois sur quelques tables bien garnies, après savoureux amuses-gueules
et diverses délicates victuailles de mise en bouche, un chapon tendre,
rôti à souhait et délicieusement dodu s'immiscera dans des cris d'admirations mérités
au centre de quelques tablées déjà joyeuses et bruyantes.
Qui irait imaginer non seulement la vie émasculée de ce pauvre gallinacé tronqué
mais par-dessus tout l'itinéraire sulfureux et imprévisible de la pauvre cuisinière
pour s'en aller quérir la volaille castrée.
Je ne résiste pas ici au plaisir subtil de vous faire partager
cette fable gourmande délicatement glissée sur ma boîte mail par une belle âme
que je remercie pour ces anonymes bons mots...

Rôti

Fable succulante à déguster doucement
et à réciter goûteusement comme du La Fontaine
à la cuisinière écarlate à l'attaque du premier coup de couteau pourfendeur
dans le volatile définitivement condamné aux sensuels plaisirs de bouches...

coqcahant


Une fermière du Rwanda,
Qui était Hutu de surcroit,
Quitta sa case et sa smala
Pour le marché de Kampala.
Elle voulait honorer sa tribu
d'un beau chapon gras et dodu...

Mais elle était peu fortunée,
Et le marchand Tutsi, rusé
Refusa de baisser le prix
du chapon par elle choisi...

Me le donnerais-tu,
Dit la cliente Hutu,
Contre une gâterie
Sur ton beau bengali?

A voir, dit le vendeur,
De cette gâterie quelle serait la valeur ?
Vaudrait-elle un chapon?
Il m'en faudrait la preuve pour de bon!

Aussitôt la bougresse s'enfouit sous le boubou,
Et vite fait jaillir la sève du bambou.
J'ai gagné le chapon, s'exclame l'innocente
La bouche encore pleine du produit de la vente.

Que nenni lui répond le volailler acerbe.
Tout comme la figure, le chapon tu as perdu,
Car comme le dit notre si beau proverbe :

"Turlute Hutu, chapon point eu!"


épouvantail

Par MEYER
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 21:40


NOIR&B-copie-1

"Un étranger est un ami
que je ne connais pas encore"


CATHERINE DE HUECK

Par MEYER
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 21:03


MAINS

Montmartre avalait goulûment nos vingt ans, notre joyeuse insouciance et notre soif de liberté. Toutes nos folles révoltes aussi. Ce tertre ennivrant était devenu le refuge de toutes nos facéties artistiques, amoureuses, paillardes et politiques. Etudiant à l'Ecole Supérieure des Arts Modernes, j'habitais alors la rue des Martyrs qui monte vers la place du Tertre et son étalage coloré de peintres gouailleurs à touristes. Un immeuble bourgeois, superbe et cossu. Une immense et lourde porte cochère. Une cour dallée et fleurie. Un superbe escalier joliment tourné qui desservait tous ces appartements feutrés. Des gens "bien comme il faut" à tous les étages. Moi, c'était l'escalier de service. Et tout là-haut, sous les toits de zinc, les "chambres de bonnes". Un couloir pavé de tomettes de terre cuite. Certaines disjointes que l'on se plaisait à faire chanter sous nos pas. Au bout des wc à la turque d'un autre temps, commun aux huit chambres. La mienne, comme les autres, était minuscule. Pour "bonnes" anorexiques.Un lavabo dans un coin, une table, un lit, trois étagères branlantes. Et surtout une fenêtre qui donne sur le gris, sur une forêt d'antennes grises, sur le zinc des toits gris aussi, avec quelques pigeons idem. Même les gens qui s'aventuraient parfois aux fenêtres paraissaient gris. Un gris taciturne et résigné. Un peu morts-vivants. Une fenêtre où on attends impatiemment le bleu. Où on voit même pas les étoiles. Il y a là, sous ce toit, un turc sombre et invisible, un guitariste virtuose, une grosse femme noire hors d'âge et inquiétante, un vieux monsieur bougonnant et chauve, un locataire inconnu dont on n'entends que le bruit de la clé dans sa serrure et dont la porte ne s'ouvre jamais, une "dame-pipi" des toilettes publiques de la place Clichy, un étudiant en Génie Civil, insipide et coléreux. Et moi. C'est pas Zola mais presque.



Le vieux monsieur bougon est celui que je croise le plus souvent. Pas bonjour, pas bonsoir, pas merci quand on lui tient la porte, pas un sourire, pas un geste de rien, pas un regard non plus. Des mots inaudibles et ronchons qui font un peu bouger sa bouche tirée vers la droite et de travers. Du bougon premier choix ! J'appris qu'il s'appelait Monsieur Jean. Un peu par hasard, dans une brasserie du boulevard Haussman, où je prenais un verre avec des amis. Un verre ou deux. Il était assis sur la banquette de skaï rouge, tout au fond. Devant, sa tasse et son journal. Et ses yeux qui allaient d'un serveur à l'autre, d'un client à l'autre, qui fouinaient sur tout ce qui bougeait. Comme s'il eut été le patron de l'établissement, contrôlant les moindres faits et gestes, allers et venues. Je croisais son regard et lui fit un petit signe amical. Il baissa les yeux. Normal. Le bougon reste bougon en toutes circonstances. J'entendis que le serveur l'appella "Monsieur Jean". Voilà tout.

Chaque fois que je passais devant cette brasserie, je jetais un oeil. Je le ramassais après. Forcément. Surtout que je n'y vois que d'un. A chaque fois il était là. Même place, même regard. Simplement sur la table, en fonction de l'heure, sa consommation changeait : on passait de la tasse de café, au petit blanc puis au ballon de rouge pour revenir au petit noir.

TABLE.jpg

Ce soir là, une fête s'improvisait, se dessinait dans ma chambrette doux minou minou doux minou minette! Quelques amis entassés çà et là et je ne sais trop comment ,dans mon spacieux quinze mètres carrés, avaient du mal à partir. Je n'avais pas envie de les quitter non plus. Comme souvent, c'est dans l'instant  que se prennent les sages décisions. Les rires naissaient, les bons mots aussi, quelques verres trinquaient, des chants montaient, des guitares s'accordaient, le ton était donné... plus rien ni personne ne nous arrêteraient!

Par correction, alors que commençaient sans aucune discrétion les agapes nocturnes, je m'enquit, le coeur léger et l'âme joyeuse, dans un souci de respect de bon voisinage, de frapper aux portes des "bonnes" pour prévenir de l'imminence du cataclysme festif. Deux portes s'ouvrirent. Celle de Monsieur Jean d'abord qu'il me claqua au nez, prestement et sans ambages. Celle de la grosse dame noire ensuite qui me gratifia de noms d'oiseaux pleins d'exotisme avant d'en faire de même. Que la fête soit belle, pensais-je!

Et elle le fût.

guitare.jpg

A deux heures du matin, on frappa à la porte. Dans le brouhaha général, personne n'entendit .Ce n''est que quand le visiteur nocturne balança des grands coups de pieds de mamouth en rût dans ma pauvre porte que les ardeurs se firent tout d'un coup piano-piano. Regards intérrogatifs autant qu'avinés. Peu rassuré j'ouvris.
Bougon se tenait là, bien centré dans l'embrasure, les mains derrière le dos, le sourire bien caché. Je m'attendais au pire et envisageait un rapide repli avant le bombardement. J'imaginais la matraque derrière son dos et attendait la douloureuse sentence. Pour la première fois, je le vis se préparer à parler en me regardant droit dans les yeux. Gris. Normal, ses yeux étaient gris.
- Vous m'empêchez de dormir!
- Veuillez-nous excuser...une petite fête entre amis... c'est ce que j'étais venu vous dire tout à l'heure...
- Vous m'empêchez de dormir!
Je pensais que l'on n'était pas sorti le "cul de l'ornière" quand il enleva les mains de derrière son dos. Je fis instinctivement un geste de protection en me reculant.
- Vous m'empêchez vraiment de dormir...alors je viens participer! lâcha-t-il dans un sourire insoupçonné et me tendant une bouteille de Clairette de Die et un paquet de biscuit Petit Beurre.

Monsieur Jean fut accueilli en seigneur par la compagnie et mêla la sagesse de ses bientôt quatre-vingt printemps à la fougue de nos vingt ans. Il me raconta dans un début d'ivresse que la grosse dame noire avait assasiné son mari alcoolique, était devenue folle et se promenait dans le couloir la nuit avec un couteau de cuisine affûté tout le jour avec énergie destructrice. Que le guitariste était homosexuel, donnait des cours au Conservatoire et écoutait souvent à ma porte quand je chantais du Brel. Que le turc travaillait au noir dans une échoppe du Sentier et crâchait toujours par terre. Que la "dame -pipi" faisait aussi le tapin rue Blanche et que je devais m'en méfier. Que....
Je cessais de l'entendre, voulus lui servir un nouveau verre. Il s'était endormi.

JEAN

Toute sa vie, il avait été serveur; Dans des bars, des tripots peu fréquentables, des établissements de luxe, des hôtels de passe, des quatre étoiles cotés, des cafés enfumés, des cabarets. Des anecdotes croustillantes plein la tête. Puis vingt ans dans cette brasserie de la rue Haussman. Toute sa vie. Et il y revenait chaque jour, par le même chemin qu'autrefois, il s'installait à la même table,  la même heure. Accrochait le même imperméable gris à la même patère. Et il regardait la vie des autres en spectacle continu pour éviter de voir la sienne qui s'échappait. Ni femme, ni enfants. Un lointain cousin en Auvergne. Il avait héroïquement tiré sa solitude jusque là. Jusqu'à cette chambre de bonne de quinze mètres carrés sous les toits de Paris.

Le jour de ses quatre-vingts ans, à huit heures du soir, je venais à mon tour frapper à sa porte. Accompagné de madame Bamba, la grosse dame noire, de José le guitariste qui m'enseigna bien des accords oubliés depuis, de Thérèse la "dame-pipi" pleine de fantaisie, de Pierre l'étudiant content de délaisser un peu ses révisions, de Christophe, mon ami décorateur qui occupait la loge de concierge que nous avions transformée en atelier d'artistes improbables et aussi quelques amis qui avaient apprécié ses facéties et ses histoires d'un autre temps. 
Dans les bras, quelques bouteilles, gâteaux, une bougie et le dernier 33 tours de Brel qui venait de sortir.  Et de la tendre amitié.

Il pleura longuement. Il pleura tellement. On pleura aussi un peu.
Et la fête quitta sa chambre exigüe, pleine de trop de souvenirs mal entassés pour s'étendre dans le couloir où chacun sortit  tables et chaises. On chanta et dansa. Les "bonnes" savent aussi vivre. L'électrophone nous offrit les mélodies et mots justes du grand Jacques exilé aux Marquises. Monsieur Jean et Bamba parlèrent longuement. Ils dansèrent aussi doucement, les yeux pétillants. Par la fenêtre, il me sembla qu'il faisait grand bleu et j'aperçus même des gerbes d'étoiles.

BANC2

Le lendemain j'aperçus deux êtres gauches et mal assurés qui descendaient doucement la rue des Martyrs et s'en allaient vers le boulevard Haussman. Je crois me souvenir qu'ils se prirent la main.
La vie a parfois une sacré belle gueule.



Par MEYER
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 17:33


"Etonnez-vous de ce soleil
avant d'en réclamer un autre!"


CHARLES-ALBERT CINGRIA

Par MEYER
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